Attention
il s'agit du Baobab ou Adansonia Digitata (Bombaceae)
dont il est question et non pas du baobab chacal ou rose
du désert l'Adenium Obesum (Apocynaceae) qui n'a rien à
voir.
Présentation
du Baobab
C'est l'arbre typique de l'Afrique tropicale
sèche.
Il serait originaire de Madagascar. Son allure est
caractéristique : tronc ventru (bois mou gorgé d'eau)
et branches énormes dépourvues de feuilles pendant
presque toute l'année. Pour les populations locales,
c'est l'arbre de tous les usages (alimentaire, fourrager,
textile, et domestique).
Le Baobab est même utilisé en pharmacopée
traditionnelle, et participe à de multiples usages
rituels. Il croît très vite (deux mètres sur les deux
premières années) et vit longtemps. Certains sont
millénaires.
En Bonsaï, son tronc épais, rapidement
acquis le rend vite attractif, les plus beaux sujets se
prélèvent en savane où il s'est développé dans la
douleur des sécheresses et des prélèvements tant
humains qu'animaux.
Son transfert en Europe, bien que possible techniquement
(il est vendu comme tel au Sénégal.., aux touristes
!!!) reste difficile car ses exigences en chaleur et
lumière sont fortes et surtout constantes. Il résiste
plutôt bien à la ligature mais la plus grande vigilance
s'impose en raison de la flexibilité des rameaux. Au
final, il se dégage de cet arbre une majesté sans
égale qui impose même en pot le respect de tous.
Le
semis
En fait, toute graine pour germer a besoin d'humidité ,
de chaleur et d'air. Cependant, ces facteurs, s'ils sont
nécessaires ne sont pas toujours suffisants. En
l'occurrence, 2 cas sont possibles: l'inhibition de la
germination et la dormance véritable. Pour le baobab, il
s'agit d'une inhibition due à l'extrême dureté des
téguments de la graine, ce qui a pour effet de la rendre
imperméable à l'air, la lumière et l'eau et rend le
réveil de la graine impossible. Il est à observer que
de nombreuses graines sahéliennes sont soumises à ce
frein. Afin de lever cette pseudo
dormance, plusieurs méthodes peuvent être adoptées:
La scarification: elle consiste
à une incision ou un râpage des graines qui permet de
"mordre" mécaniquement les téguments les plus
durs. Cette méthode assure une pénétration rapide de
l'eau au sein même des tissus mais exige du temps. Elle
conviendra donc à de toutes petites quantités de
graines.
Le trempage dans l'acide: Celui -
ci attaque chimiquement les téguments qui laissent alors
pénétrer l'eau. Toutefois la durée de trempage des
graines est déterminante car il n'est pas question
d'abîmer l'embryon. Concernant le baobab, un trempage à
l'acide sulfurique pendant trente minutes suivi
immédiatement d'un rinçage à l'eau et d'un trempage
(toujours dans l'eau) pendant 24 heures donne de très bons résultats.
L'estomac des herbivores:
l'action des acides gastriques, particulièrement
puissants chez les ruminants peut de manière tout à
fait naturelle lever également la dormance
tégumentaire. En outre on a pu observer un lien
géographique entre les parcours des éléphants de la
savane africaine et la présence des baobabs. On peut
donc supposer qu'ils ne sont pas étrangers à leur
diffusion.
Cependant
si vous n'avez pas sous la main ni pachyderme et voulez
éviter le traitement à l'acide
qui donne les meilleurs résultats!
Je vous recommande donc
en premier lieu une scarification régulière ou un
trempage dans l'eau pendant 24 heures à 48 heures. Les
téguments seront suffisamment laisés pour permettre la
germination.
Celle- ci acquise, il reste à
offrir à la plantule les conditions optimales à son
développement.
Un substrat
bien drainé lui est indispensable.
Dans la nature,
il est observé que le baobab n'est pas exigent sur la
nature du terrain et que même un support calcaire n'est
pas rédhibitoire.
La lumière,
qui doit être modérée lors de la levée, s'avérera
un facteur décisif quand à son développement
ultérieur.
Il faut avoir
bien présent à l'esprit que son aire naturelle de
développement est l'Afrique tropicale sèche,
caractérisée par un fort ensoleillement (supérieur
à 3000 heures par an) et une pluviométrie ramassée
sur quelques mois.
Enfin, bien
qu'acceptant en période d'hivernage des nuits à 13°C,
il s'épanouit véritablement à partir de 20°C.
En conditions "européennes",
il conviendra donc d'attacher la plus grande
importance à la lumière (proximité d'une fenêtre,
véranda) et à la température qui en règle
générale ne devra pas être inférieure à 20°C.
Quand à l'arrosage, il devra être parcimonieux voire
très espacé dans le temps (puisque son bois mou et
spongieux se gorge d'eau en saison des pluies afin de
disposer de considérables réserves en période sèche).
Ainsi conduit, vous pourrez espérer, après une
croissance rapide sur les 2 premières années, un
accroissement plus raisonnable de 3 cm par an au cours
des 50 prochaines années.
Et si vous êtes patients, sachez que le baobab est une
espèce très longévive qui peut devenir dit - on,
plusieurs fois centenaire!
© Bernard DECAUDIN
Bobo Dioulasso (Burkina Faso)
|